Quitter doucement le monde de licorne 🦄

Quitter doucement le monde de licorne 🦄

Ma plus grande fille aura 5 ans au début du mois prochain… et je me sens plus émotive que lorsque j’ai eu 30 ans.

Cinq ans.

L’âge scolaire.

Encore les deux pieds dans l’imaginaire, mais déjà tellement mature. Tellement consciente. Tellement capable de poser, à 20 h 15, ces grandes questions qui nous prennent par surprise :

« Maman, pourquoi il y a des gens qui vivent dans la rue ? »

Personne ne nous prépare à ça.

Personne ne nous prépare à voir notre bébé devenir une petite humaine qui observe le monde, qui le questionne, qui en perçoit les nuances.

Le vertige des 5 ans

J’ai beaucoup étudié l’enfant 0 à 5 ans pour mon travail. Quitter la petite enfance, pour moi, c’est immensément symbolique.

C’est comme entrer dans une autre “game”.

La game entre elle, mon bébé… et tout le reste du monde.

Je sais très bien que je ne peux pas la protéger de tout. Aucun parent ne le peut. Mais les choix que nous faisons aujourd’hui pour nos tout-petits ont un impact immense sur la suite de leur parcours. Et ça, ce n’est pas rien.

C’est peut-être de là que vient le vertige.

Notre monde familial. Notre monde de licornes.

Bientôt partagé avec le reste du monde.

Un monde pas toujours beau. Pas toujours juste. Pas toujours doux. Et pourtant bien réel.

La nostalgie qui se glisse

On dit souvent que le temps passe vite.

Mais comment fait-on pour apprécier la beauté du moment présent sans déjà sentir la nostalgie nous effleurer ?

Combien me restera-t-il de veillées à profiter de ces brins d’enfance magique ?

Combien de questions murmurées dans le noir ?

Combien de dessins de princesses-licornes-cœurs-ciel-arc-en-ciel collés un peu croche sur le frigo ?

Je sens la transition. Elle est subtile, mais bien lĂ .

Ce n’est pas une fin.

C’est un passage.

Laisser traîner la poudre magique

Cet article n’a pas de grande conclusion spectaculaire.

Parce que cette histoire est encore en construction. Elle est loin d’être terminée. Elle sera pleine de rebondissements parentaux, j’en suis certaine.

Mais si je pouvais dire quelque chose aux parents qui quittent tranquillement, eux aussi, le monde de licorne…

Ce serait ceci :

Laissez traîner la poudre magique le plus longtemps possible.

Gardez les cabanes dans le salon. Gardez les histoires inventées. Gardez les fous rires pour rien. Gardez les réponses honnêtes, même quand elles sont imparfaites.

Je vais essayer de faire la mĂŞme chose.

Et peut-être qu’un jour, cette poussière aura le doux parfum de la nostalgie.

Mais j’aurai le sourire aux lèvres.

Paix, gratitude et motivation, les amis. đź’›